Institut Méditerranéen d’Océanologie
Accueil du site > Nos résultats > Paru dans les médias > Expédition Sargasses : [JOUR 9] - Le premier radeau de Sargasses a été (...)

Expédition Sargasses : [JOUR 9] - Le premier radeau de Sargasses a été découvert.

Version imprimable de cet article

Jean BLANCHOT raconte : « À 6h du matin, toute l’équipe prenait son petit-déjeuner, quand soudain, la passerelle donne l’alarme : un immense radeau de Sargasses est en vue ! On pouvait même le voir à travers le hublot ! Malgré l’heure matinale, toute l’équipe scientifique et technique s’est précipitée sur le ponton pour observer cette mer d’algue tant attendue ».

Aujourd’hui, nous en savons un peu plus sur ce géant : 7 m de profondeur, étendu sur environ 2000 m² ! Autant dire que la journée a été intense avec, au programme, première mise à l’eau du zodiac et premières plongées ! Sous la face immergée du radeau, le monde était plus obscur, voire effrayant, à cause de la densité des Sargasses emmêlées. Mais l’équipage était ravi de se retrouver enfin dans l’eau, face à face avec ces algues invasives.

L’Antéa accoste le radeau - Sur le ponton l’équipage se rend compte de l’incroyable étendue de ce radeau ! © Hubert BATAILLE

À bord ensuite, tout le monde s’est agité sur le pont : certains s’occupaient de faire des prélèvements avec les filets pélagiques, d’autres prenaient ensuite leur place pour se servir des filets à plancton. Après tous ces prélèvements de poissons et de Sargasses, 8 gros bras ont accompagné la massive rosette pour la mettre à l’eau et obtenir des paramètres à diverses profondeurs.

Le radeau est impressionnant, décrit par tous comme « une sorte d’iceberg brun duquel rien ne dépasse : tout est en dessous ». Comme supposé hier, il constitue bien un DCP naturel : un Dispositif Concentrateur de Poissons. En son sein tournoient des milliers d’organismes marins : carangues, comètes saumons, thons, balistes, crevettes-mantes… De nouveaux plats succulents pour notre chef cuistot ? Non, tout cela ne nous servira pas de repas, mais plutôt à déterminer le réseau trophique associé au radeau. En précisant les interactions entre êtres vivants, peut être trouverons nous des indices sur l’origine de la multiplication des Sargasses.


Le fameux radeau de Sargasses
7m de profondeur sur une étendue de 2 000 m² ! © Sandrine RUITTON

Bilan de la journée, tout le monde a travaillé sans relâche et est exténué ! Demain, il n’y aura pas d’échantillonnage… Mais l’Antéa suivra son cap, progressant dans les eaux de la Barbade.