Institut Méditerranéen d’Océanologie
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MISSIONS MACARAS : sur la piste des baleines à bosse

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Sur la piste des baleines à bosse, les missions MARACAS (MARine mAmmals of the CorAl Sea) 3, 4 et 5 se dérouleront entre le 17 juillet et le 22 septembre 2017 à bord des navires océanographiques Alis et Amborella. L’équipe multidisciplinaire de scientifiques va mener ses recherches autour du mont sous-marins Antigonia, des récifs Chesterfield-Bellona et de la région du Banc de l’Orme près de l’île de Walpole. Avec toujours le même objectif : identifier les zones importantes pour les baleines à bosse qui migrent dans les eaux du parc naturel de la mer de Corail et comprendre les liens qui unissent ces sites privilégiés afin de participer à un effort de protection adapté à cette espèce en danger.

Connaître les habitudes migratoires des baleines à bosse pour mieux préserver les zones qu’elles fréquentent : tel est l’objectif des missions en mer MARACAS menées par l’IRD et auxquelles participeront également des scientifiques de l’Ifremer, du WWF, et de l’association Opération Cétacés. Les précédentes campagnes avaient permis de confirmer la présence de baleines dans des zones éloignées des côtes de la Nouvelle-Calédonie, notamment grâce aux trajets fournis par les balises satellitaires fixées sur le dos des baleines qui avaient montré l’utilisation de zones au large où les baleines s’attardaient longuement comme les bancs ou les monts sous-marins. Par ailleurs, les archives historiques ont suggéré que le récif de Chesterfield constituait un important site de chasse à la baleine. Les missions MARACAS de 2016 ont confirmé la présence d’animaux dans cette région. Tout ceci suggère que les zones de reproduction de ces grandes voyageuses ne sont pas limitées au lagon sud. C’est pourquoi il est nécessaire d’identifier les sites d’intérêt et leur usage pour mieux protéger ces espèces emblématiques dans le vaste ensemble du Parc Naturel de la Mer de Corail.

Les scientifiques vont donc cette fois prospecter aux alentours des monts sous-marins Antigonia, des récifs Chesterfield-Bellona, et du Banc de l’Orme, près de l’Île de Walpole, zone où les travaux antérieurs suggèrent des parcours migratoires des baleines à bosse. Comme dans les précédentes missions, la méthode d’observation par transects sera suivie pour mesurer les densités de baleines rencontrées. Par ailleurs, « Douze balises satellitaires seront déployées afin de pouvoir suivre le parcours des baleines depuis ces sites et comprendre comment ceux-ci sont reliés en suivant le déplacement des baleines au cours de la saison de reproduction », explique Claire Garrigue, spécialiste des cétacés à l’IRD et fondatrice de l’association Opération Cétacés, grâce notamment à un partenariat avec le WWF. De plus, pour la première fois les spécialistes déposeront des instruments acoustiques au niveau du mont sous-marin d’Antigonia et des récifs Chesterfield afin d’enregistrer le chant des baleines sur ces zones reculées. Cette étude complémentaire permet d’estimer la fréquentation au cours du temps mais aussi de comprendre la connectivité qui existe entre les populations de baleines à bosse du Pacifique Sud. « Le chant des mâles reproducteurs est le plus complexe et le plus long du règne animal ; il peut nous renseigner sur l’origine des animaux », décrit Claire Garrigue. Enfin, des échantillons de peau seront également collectés pour les analyses génétiques, en parallèle des prises de vues photographiques des nageoires caudales, qui permettront d’identifier les baleines de façon individuelle afin de reconstituer leur histoire de vie.

Un bilan riche qui appelle d’autres investigations

Lancé en 2016, le projet WHERE explore la distribution spatiale et l’habitat des baleines à bosse sur l’ensemble de l’espace maritime de la Nouvelle-Calédonie. Ce projet s’intéresse en particulier aux régions éloignées du Parc Naturel de la Mer de Corail, une des plus grandes zones marines protégées au monde (1,3 million de km²), créée par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en 2014.


tinéraire des missions MARACAS 3 à 5 à bord de l’Alis et de l’Amborella

Dans l’ensemble, les travaux de l’IRD et de l’association Opérations Cétacés, ces derniers ayant débutés il y a plus de vingt ans, ont permis de répertorier plusieurs centaines de baleines et de mettre en évidence la connectivité entre le lagon sud de la Nouvelle-Calédonie, Calédonie et les monts sous-marins au sud de l’Ile des Pins. En 2016, les premières missions MARACAS ont permis permis d’affiner les zones fréquentées par les baleines à bosse, notamment sur les récifs Chesterfield et Bellona. Parmi les baleines observées quelques-unes avaient déjà été observées dans le lagon sud. « Les premiers résultats des missions MARACAS semblent confirmer l’existence de zones océaniques qui semblent aussi importantes que le lagon sud pour les baleines à bosse », conclut Claire Garrigue. Il est donc nécessaire d’approfondir nos connaissances de cette espèce au sein du naturel de la mer de Corail.