Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Nouvel espoir pour l’environnement : une larve dévoreuse de plastique. C’est la revue Current Biology qui nous l’apprend : des chercheurs ont découvert que la larve d’un papillon très répandu était capable de biodégrader extrêmement rapidement le polyéthylène, une des matières plastiques les plus résistantes et les plus polluantes au monde.

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Nouvel espoir pour l’environnement : une larve dévoreuse de plastique. C’est la revue Current Biology qui nous l’apprend : des chercheurs ont découvert que la larve d’un papillon très répandu était capable de biodégrader extrêmement rapidement le polyéthylène, une des matières plastiques les plus résistantes et les plus polluantes au monde.
Cette larve, dite de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu, est un parasite des ruches, une sorte de grosse chenille qui se niche dans la cire d’abeille partout en Europe.

Découverte par hasard de sacs criblés de trous

Fédérica Bertocchini, chercheuse à Institut de Biomédicine et Biotecnologie de Cantabria en Esapgne, qui a découvert la fonction inédite de cet insecte est une apicultrice amateur. Elle s’est rendue compte que les sacs plastiques dans lesquels elle plaçait la cire des ruches infectées par ces larves étaient rapidement criblées de trous.
En quelques heures, un sac plastique peut quasiment disparaître. La larve n’ingère pas seulement le plastique, elle le transforme ou le brise chimiquement avec une substance produite par ses glandes salivaires.
Cette découverte pourrait donc être un outil important pour éliminer les déchets en plastique qui s’accumulent dans les décharges et les océans !
Jusqu’à 400 ans pour se décomposer
Le polyéthylène est en effet surtout utilisé pour l’emballage et compte pour 40% de la demande totale des produits plastiques en Europe dont 38% se retrouvent dans des décharges.
Mille milliards de sacs plastiques sont utilisés dans le monde chaque année et chaque individu utilise en moyenne chaque année plus de 230 de ses sacs, produisant plus de 100 000 tonnes de déchets.
Actuellement, le processus de dégradation chimique de ces déchets plastiques avec des produits très corrosifs comme l’acide nitrique peut prendre plusieurs mois. Or, d’autres observations avec un sac de supermarché au Royaume-Uni, soumis à une centaine de ces larves, ont montré que celles-ci pouvaient endommager le plastique en moins d’une heure.
Laissés dans la nature, il faut environ un siècle pour que ces sacs de plastique se décomposent complètement. Pour les plastiques les plus résistants, ce processus peut prendre jusqu’à 400 ans.
110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans
Environ huit millions de tonnes de plastique sont déversées tous les ans dans les mers et océans du globe, selon une étude publiée en 2015 dans la revue américaine Science.
Il pourrait y avoir jusqu’à 110 millions de tonnes de déchets en plastique dans les océans. Des petits fragments sont absorbés par les poissons et les autres espèces marines, qui finissent par en mourir
Reste désormais à synthétiser la substance produite par cette larve pour pouvoir la fabriquer à l’échelle industrielle.

Sur le même sujet, dans une interview donnée à Libération, Richard Sempéré, Directeur du MIO, commente cette étude qui démontre que les larves du ver de cire sont capables d’éliminer des plastiques difficilement biodégradables

http://www.liberation.fr/planete/2017/04/26/une-larve-pour-lutter-contre-la-pollution-des-plastiques_1565311

The larvae of Galleria mellonella, commonly known as a wax worm, is able to biodegrade plastic bags.