Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Pourquoi les abeilles disparaissent

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Ces vingt dernières années, les populations d’abeilles ont subi des pertes spectaculaires, jamais observées auparavant. L’agriculture intensive et l’utilisation massive de pesticides figurent au premier rang des coupables présumés. Mais certaines pratiques des apiculteurs seraient également en cause. Le point dans cet article classé au top 10 des contenus les plus lus sur notre site cette année.


Certains apiculteurs peuvent accuser jusqu’à 90 % de pertes – loin des 5 à 10 % de mortalité généralement constatés dans les colonies d’abeilles.

« Le changement de reine a fonctionné, il y a des larves dans le couvain ! », s’enthousiasme Lionel Garnery en brandissant un cadre couvert d’ouvrières. Au fond des alvéoles, on distingue en effet de minuscules points blancs, preuve que la nouvelle reine installée dans la ruche a commencé à pondre. Nous sommes au Conservatoire de l’abeille noire d’Île-de-France (link is external), au cœur de la forêt de Rambouillet. Dans ce « petit coin de paradis à une heure de Paris », peuplé de bouleaux, de fougères et de bruyères en fleurs qui régalent les abeilles en cette fin d’été, le chercheur spécialiste de génétique des populations au laboratoire Évolution, génomes, comportement, écologie a installé une quarantaine de ruches. Son objectif, et celui de la vingtaine de conservatoires présents en France, est sans ambiguïté : assurer la survie de l’abeille noire, l’abeille domestique ouest européenne. Car Apis mellifera mellifera, le nom scientifique de l’abeille noire, est bel et bien en sursis !

« Ces vingt dernières années, la production de miel dans l’Hexagone a été divisée par deux », confirme Vincent Bretagnolle, écologue au Centre d’études biologique de Chizé2, dans les Deux-Sèvres. La faute à un déclin fulgurant des populations d’abeilles domestiques partout dans le monde développé, des États-Unis à l’Europe en passant par l’Australie. Un phénomène inquiétant baptisé « Colony Collapse Disorder » ou « syndrome d’effondrement des colonies ». Le phénomène a d’abord été observé aux États-Unis au début des années 1990. Puis dès 1995, en France, où certains apiculteurs ont accusé jusqu’à 90 % de pertes – loin des 5 à 10 % de mortalité généralement constatés dans les colonies d’abeilles.

L’effondrement des populations d’abeilles, domestiques mais aussi sauvages, n’est pas seulement une mauvaise nouvelle pour les amateurs de miel. En pollinisant les plantes à fleurs, les butineuses garantissent la reproduction de nombreuses espèces végétales. Et pas moins d’un tiers de l’alimentation mondiale dépendrait de cette pollinisation – sans abeilles, pas de tomates, de courgettes, de fraises ou encore de pommes... Un service environnemental que l’Institut national de recherche agronomique (Inra) a évalué à 153 milliards d’euros par an dans le monde.

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Ruches suivies par le Centre d’études biologiques de Chizé. L’agriculture intensive (usage de pesticides, élimination des haies et des fleurs des champs...) a des effets délétères sur les populations d’abeilles.

Voir en ligne : https://lejournal.cnrs.fr/articles/...