Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Rencontre avec Renaud Fichez, nouveau représentant de l’IRD au Maroc

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Directeur de recherche à l’IRD, Renaud Fichez est docteur en biogéochimie marine. Après avoir été directeur de l’unité de recherche CAMELIA de 2000 à 2009, puis représentant de l’IRD au Mexique, Amérique Centrale et Cuba de 2010 à 2013, il a été directeur adjoint de l’Institut Méditerranéen d’Océanologie (UMR MIO) en 2017 et 2018.

D’abord spécialisé dans l’étude du cycle du carbone et des nutriments, il élargit ensuite ses recherches en s’intéressant au devenir des métaux au sein de l’environnement marin dans un contexte du Changement global, et coordonne ainsi de nombreux programmes dans ces différents domaines, notamment en Polynésie, Nouvelle Calédonie, Mexique, Cuba, France et Tunisie.

Depuis 2017, il est également membre du conseil scientifique de l’Infrastructure de Recherche littorale et côtière (ILICO), en tant qu’expert sur les questions liées aux contaminants marins.

Enfin, en 2011, Renaud Fichez a été élevé au grade de Chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques pour sa contribution à la mise en place de l’Observatoire Marin et des Littoraux Jacques-Yves Cousteau au Mexique ; observatoire ayant pour mission de diagnostiquer l’état de l’environnement, de la flore et de la faune de la région.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la recherche ?

Il s’agissait initialement d’une curiosité grandissante pour l’univers marin et son écosystème. Mais, comme beaucoup, ce n’est finalement qu’à la fin de ma thèse que j’ai découvert ce qui fait la force du métier de chercheur : la démarche intellectuelle qui s’apparente, en fait, à un minutieux travail d’enquête qui permet de rassembler les éléments de réponse à un questionnement scientifique, d’en tirer certaines conclusions, et de rebondir sur de nouvelles questions. Au bout du compte, l’activité de recherche scientifique est une activité extrêmement ludique !

Vous êtes docteur en biogéochimie marine ; quel(s) projet(s) de recherche envisagez-vous de mettre en œuvre avec nos partenaires marocains sur ce thème ?

Avec 3.500 km de côtes ouvrant sur l’Atlantique et la Méditerranée, les opportunités sont immenses. Dans ce domaine des sciences de la mer, je souhaite développer des projets de coopération scientifique en favorisant l’implication des unités mixtes de recherche ayant l’IRD pour tutelle, mais aussi, dans la mesure du possible, monter de nouveaux projets multilatéraux ayant, pourquoi pas, une ouverture régionale sur le bassin Méditerranéen.

En ce qui concerne mes propres activités de recherche, je vais bien évidemment poursuivre mes travaux portant sur l’impact du changement global (changement climatique à large échelle, combiné aux transformations générées par le développement humain). J’espère également pouvoir traiter la problématique du devenir des plastiques en mer ; problème majeur que connaissent aujourd’hui nos mers et océans, surtout en mer Méditerranée. Mais bien sûr, au-delà de mon domaine de recherche propre, la mission de représentant m’amène à couvrir des thèmes de recherche très diversifiés dont la découverte est extraordinairement enrichissante et en faveur desquels j’entends m’investir pleinement.

Vous venez d’être nommé Représentant de l’IRD au Maroc. Qu’est-ce cela signifie, être Représentant de l’IRD ?

La mission du représentant est définie comme la représentation scientifique et institutionnelle de l’IRD auprès des Institutions partenaires marocaines, et des acteurs français, européens, internationaux et multilatéraux. Pour moi, cette mission se traduit avant tout par un devoir de service auprès des partenaires scientifiques, pour leur permettre d’initier et de mettre en œuvre leurs projets de recherche et ce, dans un réel esprit de faire ensemble . A ce titre, la représentation de l’IRD au Maroc est ouverte à toutes et à tous, et j’invite bien sûr toutes les personnes porteuses de projets ou tout simplement désireuses de mieux nous connaître, à nous contacter pour que nous puissions ensemble donner à la recherche pour le développement plus de force, plus d’efficacité, et plus de visibilité.

En quoi le Maroc est-il un partenaire privilégié pour le développement de projets de recherche ?

Le Maroc a très clairement affiché dans le cadre de sa Constitution, sa volonté de développer une nouvelle stratégie d’ouverture et de collaboration internationale multiforme. Dans ce contexte, l’IRD, qui identifie le Maroc comme un pays prioritaire, comme en atteste le partenariat scientifique historique et de premier plan développé depuis de nombreuses années, entend jouer un rôle de trait d’union entre les besoins identifiés par le pays, et les partenariats potentiels multiples qu’offrent nos réseaux de collaboration scientifique en France comme à l’étranger.

Par ailleurs, la formation est également un des piliers des missions de l’IRD, et le transfert de compétences issues des actions de recherche nous amène à contribuer activement au renforcement des capacités et donc, de l’employabilité des jeunes diplômés ; une priorité identifiée comme essentielle pour le pays.