Institut Méditerranéen d’Océanologie
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Soutenance de thèse de Mélanie OURGAUD

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Mélanie OURGAUD soutiendra sa thèse le vendredi 11 décembre 2015 à 14:00, Amphithéâtre OCEANOMED, Bât 26M, 163 avenue de Luminy, 13009 Marseille, sur le sujet suivant : Influence des apports anthropiques sur les flux de carbone et de contaminants dans les réseaux trophiques de ‘poissons’ de l’écosystème à Posidonia oceanica.

Résumé

Les écosystèmes marins côtier dont les herbiers à Posidonia oceanica subissent de nombreuses perturbations d’origines naturelles et anthropiques. Dans le contexte socio-économique actuel, caractérisé par d’intenses activités d’urbanisation et d’industrialisation, mieux comprendre le fonctionnement et le transfert des contaminants dans ces écosystèmes est primordial. L’étude du transfert de la matière organique (MO) et des contaminants aux interfaces air-terre-océan, constitue par conséquent un enjeu crucial. Ce travail s’inscrit dans cette démarche, avec pour principaux objectifs : (1) caractériser l’ichtyofaune des herbiers de posidonie et comprendre les relations trophiques, (2) établir les niveaux et la variabilité spatiale de la contamination en éléments traces (ETs) et polluants organiques persistants (POPs) dans les compartiments de l’écosystème et (3) identifier les sources et les processus influençant les niveaux de contamination le long du réseau trophique. Différents compartiments de l’écosystème à Posidonia oceanica (sédiment, posidonie, crustacés et poissons) ont été étudiés dans quatre sites soumis à des influences anthropiques différentes : trois situés dans la région de Marseille et un à Hyères. Ces quatre sites ont permis de prendre en compte la variabilité spatiale. La variabilité temporelle a été prise en compte dans un des sites marseillais (le Plateau des Chèvres) dont le peuplement de poissons est suivi depuis les années 1980s. La caractérisation du peuplement de poissons et des relations trophiques entre les poissons et les autres compartiments de l’écosystème est nécessaire pour comprendre les niveaux de contamination en ETs et POPs. Les ETs sont présents partout et se bioaccumulent différemment selon l’élément, le compartiment et l’espèce considérés. Chez les poissons, le phénomène de bioaccumulation des ETS est difficile à mettre en évidence, excepté pour le mercure (Hg), mais l’influence du régime alimentaire, de la taille et des besoins physiologiques et métaboliques est manifeste. La grande stabilité, la liposolubilité et la rémanence des POPs leur confèrent des propriétés de bioconcentration et de bioamplification importantes. Une augmentation significative de la somme des 32 PCBs analysés, et en particulier du CB153, a été détectée depuis les compartiments sédiment, puis posidonie et jusqu’aux poissons. Les concentrations de contaminants mesurées chez les poissons montrent une influence urbaine, portuaire et industrielle plus forte dans les sites marseillais qu’à Hyères où l’influence agricole est plus manifeste. Les concentrations en ETs et POPs mesurées, ainsi que la détection de pesticides toxiques interdits, attestent de la nécessité de considérer cette pollution avec attention. Ces observations renforcent l’intérêt de mener un suivi à long terme sur les contaminants d’origines diverses et leurs cheminements au sein des réseaux trophiques côtiers puis jusqu’à l’Homme.

Mots clés : éléments traces ; PCBs ; pesticides ; isotopes stables ; herbier à Posidonia oceanica ; ichtyofaune